2 avril 1856 – Testament de Louis Castagne


AD13, 301 E 700, Me Alphonse Jules Antoine Aude, notaire à Aix, acte du 20 mars 1858.

L’orthographe d’origine du texte a été conservé.


Testament olographe de Jean Louis Martin Castagne, ancien négociant, maire de la commune de Miramas, chevalier de la Légion d’honneur.

Ce jourd’hui deux avril mil huit cent cinquante six, je soussigné Jean Louis Martin Castagne, né à Marseille, ancien négociant actuellement maire de la commune de Miramas et y domicilié, sain d’esprit et de corps ai écrit mes volontés dernières, ainsi qu’il suit pour qu’elles soient exécutées après mon décès.

Je lègue à la paroisse de St Julien de Miramas, canton de Salon, le capital nécessaire pour une rente annuelle de dix francs, sur les fonds publics, pour de ces dix francs, célébrer annuellement et à perpétuité une messe basse pour le repos de mon âme. Mr le Curé aura la bonté d’en fixer le jour une fois pour toute.

Je lègue à la commune de Miramas, canton de Salon, le capital nécessaire pour une rente annuelle de soixante francs sur les fonds publics pour de ces soixante francs, tous les ans, aux approches de l’hiver, aider à habiller deux enfants pauvres, un garçon et une fille, que le conseil municipal désignera parmi les enfants de la commune.

Mon exécuteur testamentaire s’entendra avec la paroisse et la commune pour opérer de la manière le plus convenable, l’un et l’autre placement afin d’en assurer la solidité et la perpétuité.

Je lègue à Jaume, valet de chambre de mon cousin Rey, ancien évêque de Dijon, mon meuble pour mes coquilles, ma collection de coquilles, mon exemplaire de Lamarck, animaux sans vertèbres, neufs volumes in /8°, l’histoire des mollusques de Draparneau et son complément par Michaux deux volumes in /4, l’histoire des coquilles par Dupuy, un volume in /4°, deux volumes d’opuscules conchyologiques in /12° et in /8° et de plus cinq
cent francs une fois donné, le tout en mémoire de ses bons sentiments pour moi.

Je lègue à Nathalie Lataud, fille de Théodore Lataud, mon domestique, la somme de cinq cent francs, une fois donnée, en mémoire des bons sentiments pour moi, de son père et de sa mère.

Je lègue à Théodolinde Roze Claire Lataud, fille de Théodore Lataud, mon domestique, la somme de cinq cent francs, une fois donnée, en mémoire des bons sentiments pour moi de son père et de sa mère.

Je lègue à Marius Reyne, fils de Julien Reyne, méger actuel de Montaud, la somme de cinq cent francs, une fois donnée, en souvenir de ma bonne amitié pour lui.

Je lègue à Philippe Jaubert, mon ami, mon Busson in /8° et une somme de huit mille francs, une fois donnée. A côté de mon lit est une petite gravure du Christ, mon exécuteur testamentaire la lui remettra comme un dernier souvenir.

Je lègue à Louis Jaubert, fils de Philippe Jaubert et mon filleul, ma montre en or.

Je lègue à Alphonse Derbès, docteur-es-science, professeur à la faculté des sciences de Marseille, mon herbier, ma bibliothèque botanique, dont le catalogue est dans mes papiers et mes notes et manuscrit que l’on trouvera avec eux et de plus deux cent francs, une fois donné, pour l’indemniser des frais de transport. Alphonse Derbès a fait progresser une science qui a répandu bien des joies sur mon existence, c’est mon ami, qu’il reçoit ce dernier gage de mon affection.

Je lègue à Théodore Lataud, mon domestique, mon linge de corps et mes habits, six paires de drap de lits, douze serviettes, deux nappes, vingt quatre essuye mains, six sacs, quatre parturiers, une couverture d’hiver dite vanne, une couverture d’été, un couvre pied, un lit, un pliant, une paillasse, un matelas et son traversin, une de mes deux commodes avec dessus de marbre, six chaises, le tout à son choix, les huches dite pestrin et les ustencils qui l’accompagnent, ma grande chaudière en cuivre, ma cuve pour les lessive, ma marmite en fer la plus neuve, mon âne et son anarchement enfin des ustencils de ménage pour la valeur de deux cent francs, en outre je lègue au dit Théodore Lataud, mon domestique, la somme de trois mille francs, une fois payée, le tout pour lui témoigner ma satisfaction de ses bons et loyaux services.

J’institue, mon cher frère Auguste Castagne, ancien chancelier de l’ambassade de France à Constantinople, héritier du reste de ma succession, les legs payés.

Je nomme pour mon exécuteur testamentaire Jaume, que je viens de nommer parmi mes légataires, pour les soins qu’il donnera à l’exécution de mes volontés dernières, je le prie d’agréer mes gravures de sujet religieux.

Telles sons mes volontés dernières, que j’écris de ma propre main à Aix le deux avril mil huit cent cinquante six, fait à double original pour un seul et même effet.

Louis Castagne

Codicille

Jean Louis Martin Castagne, sain d’esprit et de corps, ajoute à mon testament ci joint, fait le deux avril mil huit cent cinquante six la disposition suivante pour qu’elle ait son plein et entier effet.

Mon domestique Théodore Lataud, a acquit à Grans, proche du moulin, habitation de ses père et mère et dont il possède un tiers, une parcelle de terrain complantée principalement en oliviers et l’acte reçu par Me Minard notaire à Grans, porte que je lui ai prété cinq cent francs pour cet objet.
Indépendamment des divers legs que je lui ai fait, je lui lègue encore cette somme de cinq cent francs et tous les intérets qu’il peut me devoir depuis que je la lui ai comptée. Telle est ma volonté.

Montaud-lez-Miramas, les dits jours, mois et an que dessus, écrit et signé de ma propre main.

Louis Castagne

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